Archive for septembre 2008

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Odaiya

septembre 30, 2008

Jour -82

Premier Café. Le soleil est encore loin, moi aussi, j’ai rêvé toute la nuit à une inconnue que je connais, mais si peu. J’ai eu le malheur de dévoiler à quelqu’un que je n’avais aucune difficulté à dormir, malédiction. Le résultat : je fais de l’insomnie intermittente depuis deux nuits. J’ai eu l’impression de me réveiller cent fois durant mon sommeil.

Deuxième Café. L’écran de mon ordinateur s’éveille. Le mastodonte binaire m’assaille de 1 et de 0 très bien maquillés en pixels de couleur. Je dirige le curseur vers ma boîte de courriels. Aucune poésie. On m’annonce qu’une salle de conférence n’existe plus pour le moment. On va m’avertir quand elle réapparaitra. On ne nous laisse jamais longtemps dans le mystère pour ce genre de chose.

Troisième Café. Le soleil rayonne quelque part, sauf que je ne le vois pas. Un autre courriel. La fameuse salle de conférence n’était pas très loin, un employé lunatique. La routine. Le photocopieur du deuxième manque de papier 11X17 et l’on entend son alarme dans le couloir. Je pense à recommencer la crème dans mon café. De la fantaisie quoi!

Mood musical: Holy Fuck – Lovely Allen

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Nasir

septembre 27, 2008

Jour -85

— T’aurais pas du, qu’il déclame en me dévisageant drôlement pénétrant sans prévenir dans les profondeurs de mon regard.

— T’aurais juste pas du.

La nuit s’enfuit comme un renard frisé qui se nourrit de ce qu’il peut dans une ville beaucoup trop urbanisée, ce disant, « mais où est elle ma forêt grand dieu, putain d’arbre de béton ». La nuit s’enfuit comme ça si c’est légal de la laisser partir ou d’abuser de ce genre de figure de style un peu trop désabusée. Elle part ou nous traverse puisque nous sommes immobiles. Toi, écorniflant tous les recoins de mon regard pour essayer de trouver une signification à mon silence. Moi, médusé par l’événement qui ne cesse de tourner en boucle dans mon cerveau. Un vieux film en noir et blanc qu’on repasse au ralenti pour chercher les détails qui nous auraient échappés au moment précis où tout ça s’est produit.

— Laisse partir, qu’il se décide à ajouter.

Ne sachant pas trop s’il parle de la nuit ou d’une personne de chair, je garde toujours le silence. Je m’accroche pourtant à tout ce qui peut rester encore en vie, mais tout file entre mes doigts. Comment pourrais-je laisser partir quelque chose qui n’existe plus, qui n’a peut-être jamais existé? Le film qui repasse dans ma tête se ressemble d’une fois à l’autre, mais à chaque répétition on y voit une légère différence à peine perceptible. J’ai maintenant droit à une tout autre perspective. Fatigué je m’assois sur le béton, tu fais là même chose. L’alcool s’évade de nos corps peu à peu pendant que j’ouvre les mains pour laisser le bonheur s’envoler. Tu souris, soulagé.

— Il reviendra, ne t’inquiète pas.

Mood musical: Okkervil River – Our Life Is Not A Movie Or Maybe

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Congé de maladie #2

septembre 24, 2008

Jour -88

 

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu! Moi je m’en vais me reposer…

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Maharaybah

septembre 22, 2008

Jour -90

Quand tu as posé tes mains sur le piano, les touches se sont mises à coller à tes doigts, on aurait cru que c’étaient elles qui se jouaient de toi. Tu as délivré ta voix du silence empruntant aux âmes dérobées des mots inventés. Des mots perchés dans le vide, envahissant la pièce tout entière, un festin hypnotique.

Lorsque j’ai ouvert les yeux, il me fut impossible de savoir si le piano t’avait englouti ou si c’était toi qui l’avais dévoré. Devant moi, il ne restait qu’un mirage fusionnel mi-humain, mi-piano. Il n’y aura eu qu’une œuvre de ta main. Qui dure encore diffuse dans le fond de l’air, enchevêtré dans l’étoffe du millénaire afin de narguer les époques.

Mood musical: The New Year – The End’s Not Near

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Lagawa

septembre 20, 2008

Jour -92

Sur le dos d’une bourrique déambulant dans un Montréal en suspension comme une île au niveau de la Terre, une île en orbite, une lune camuse, une crêpe au visage narquois. Le corps faisant de l’ombre au Saint-Laurent qui nous chatouille le cul par en dessous tel un bidet imprécis, perfide et colérique.

Un vélo qui brait de sa chaîne rouillée, s’émeut à chaque tournant trop serré, s’excite à en jouir quand il inflige des plaies béantes aux BMW qui lui font de l’œil. Le jour, la nuit et encore moins… Malhabile, instable, insatiable. Une bourrique qui devient quasi dieu quand je la chevauche. Un dieu lancinant et toussotant dès lors que j’y mets un peu de pédale. Montréal se transmue en désert et ses rues en enfants de sables.

Une pelure d’orange sous ses roues tranchantes dépêtrant le zeste de ses pores. L’air imprégné d’un parfum épicé. Lui et moi roulant, roulant sans cesse vers l’avant traversant une nouvelle saison. La nuit, le jour et encore moins… toujours un peu moins. L’automne, la vraie, non celle déguisée en fin d’été. L’automne, la dernière saison de mon raid, que j’envahis sans prémices, l’âme déchargée, six coups tirés dans le vide. Aux bonheurs des feuilles mortes qui trépassent de leur belle mort peuplant ce charnier de sable jaune-orangé.

Mood musical: The Doors – Break On Through

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Kusti

septembre 17, 2008

Jour -95

Honte sur moi! Je vais écrire un billet qui sera plus agréable pour moi que pour vous. Je suis encore débordé, mais je sais que vous allez me pardonner. Vous aviez peut-être remarqué que dans ma section « je découvre en ce moment » il y a, la plupart du temps, des auteurs québécois. Je me suis donné comme défi personnel de ne lire que des romans québécois cette année (mis à part une exception, c’était un cadeau). Je favorise aussi des livres parus dans les dernières années, mais ce n’est pas un pré requis.

Tout ça pour dire que j’aimerais bien connaître votre coup de cœur ou même votre « top 3 » des romans québécois que vous avez préférés dans votre vie. Je sais que c’est une question plus ou moins originale, mais ça pourrait me donner des idées et, par le fait même, faire découvrir à moi ou aux autres de nouvelles lectures.

Ah oui! Pour ceux qui préféreraient garder l’anonymat. Vous pouvez faire un commentaire anonyme en inscrivant un nom inventé comme pseudonyme et inscrire une adresse de courriel fictive (qui n’est de toute façon vu que par moi). Par contre, j’aimerais que vos coups de cœur, eux, ne soient pas fictifs… vous comprenez le principe… malgré que oui, ça pourrait être une idée. Si vous ne lisez pas énormément ou que vous ne lisez jamais de romans québécois, inventez un titre. Ça pourrait être drôle! Je m’amuserai à trouver moi-même le vrai du faux. Je suis débrouillard.

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Juba

septembre 15, 2008

Jour -97

J’ai de moins en moins de cailloux dans les poches. J’aimerais garder les plus plats et les plus parfaits pour la fin. Les galets avec lesquels je pourrais faire le plus de bonds sur ce lac un peu trop calme. Sauf que le temps passe si vite qu’on arrive à prendre une vitesse de croisière, à se demander où tout ça s’en va. Quelques bonds, tout au plus, avant de rejoindre l’insondable. Quelques coups d’œil, parfois en diagonale. On ne peut pas s’en vouloir ou en vouloir aux autres puisque nous sommes submergés d’informations, à l’ère de l’abondance.

On arrive à toucher quelques personnes qui reviennent et c’est là notre plus grande récompense. À ceux qui viennent pour les bonnes raisons, on ne peut jamais assez les remercier, on voudrait toujours leur en mettre plein la vue, mettre la barre encore plus haute chaque fois. J’aurais pensé qu’à un moment les mots s’alignent machinalement. Un moment où l’on ne doit plus chercher voire même qu’ils nous assaillent d’eux-mêmes nous demandant de les utiliser. Je dois me détromper, il faut toujours travailler pour saisir les meilleurs, les plus adéquats, même si tout ça reste subjectif. C’est clair, on s’améliore, enfin, j’imagine. À petits pas, trop pour qu’on s’en aperçoive au jour le jour.

On croirait un message d’adieu, pourtant ce n’est qu’un constat. J’adore écrire autant qu’au premier jour de ce carnet, peut-être même davantage. Je prends ce moment, une écriture plus légère, parce que ces jours-ci, j’ai du boulot par-dessus la tête. Je prends ce moment pour vous remercier d’être ici en ce moment précis, à ce mot précis. À ceux que je connais, ceux que j’imagine et ceux qui me sont inconnus. Merci!

Mood musical: Pixies – Where Is My Mind