Archive for septembre 2009

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La Montagne Fragile

septembre 12, 2009

Pourrais-tu me couper en mirepoix la cime des arbres pour qu’on abreuve le ruisseau de délectables ornières forestières? On dégusterait à même la montagne, assis sur notre trône de géants, la forêt vaste et charnue tel un festin de dignitaire. Laissant aux bourrasques le destin de nos chevelures impériales léchant déjà le pourtour des stratus dégourdis. Ceux-ci qui passent sans plaidoyer aux innombrables frontières qu’on s’impose d’ordinaire.

Pourrais-tu m’embrasser brusquement à tel point que je m’imagine englouti par la faille de San Andreas, avalé par tes lèvres tectoniques? Je ne jurerais que par la dégringolade fantastique à l’intérieur de toi, sur mon toboggan envouté, sur les neiges éternelles de ta gorge qui conspire l’envie et l’envie. Telle une lampée de vin, comme la première gorgée de bière, me laissant séduire par l’infini, candide et hardi.

Veux-tu venir avec moi cueillir des pommes ou des poires, tout simplement? S’endormir dans un verger bercé par l’automne qui décuple mes sens d’une drôle de façon. Qui s’empare de nous et projette en notre honneur, sur le retroussis de la Voie lactée, un film de Tarantino.

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Les nuits effilées

septembre 6, 2009

J’ai cru en regardant l’horloge qu’il y avait des heures impossibles incrustées sous la chair numérale, entre les heures normales qu’on voit d’un coup d’œil. Des heures qu’on entend, mais qu’on ne voit jamais, qu’on ne saisit pas comme les borborygmes provenant de ton abdomen pendant ton sommeil. Pourtant, ça n’existe pas, ces choses-là, sinon dans les couloirs étanches de tes rêves où j’arrive à m’immiscer en m’accrochant solidement à ton lobe d’oreille, me recroquevillant juste assez pour me faire petit comme un bruit sourd. Je longe ton labyrinthe jusqu’à ce que j’arrive quelque part. Là, j’atteins au vol des rêves où je ne devrais pas apparaître. J’interromps le cours de tes songes.

Je leur impose des heures impossibles, mais tout au moins agréables. C’est alors que je réalise la fibre et l’ampleur de ton imaginaire. Étendu près de toi, j’écoute les dernières paroles inintelligibles de tes rêves avant de m’endormir pour de bon.