h1

Sabsah

octobre 10, 2008

Jour -72

Tu es si petite Sabsah, tellement petite qu’on a du mal à s’imaginer que tu as pu être si grande. J’allais parler de la réflexion de ton image dans le miroir, mais je me suis rappelé ton aversion pour les reflets, quels qu’ils soient. J’ai revu mentalement la fois où tu en avais fracassé un sans te soucier des années de malheur qui aurait pu être engendrées. J’ai toujours su que tu n’avais rien d’une superstitieuse, mais je ne t’aurai pas cru capable de provoquer froidement les voix de l’inexplicable. Il y avait même un sourire de perché sur ton visage, un peu comme si tu te moquais bien de ce qui pouvait dépasser du cadre de ton portrait barbouillé à la craie sur le macadam des jours.

Toutefois, c’est inexplicablement depuis ce jour que tu ne cesses de rapetisser, depuis ce moment, que s’amoindrit l’espace que mon regard te consacre. Ce qui est étrange dans toute cette histoire c’est que la balance ne t’admet aucune chute de poids. Je suis le seul à constater l’inconstatable puisque tu es rendue si minuscule que je me rendrais à peine compte de ton départ s’il avait lieu. Je préfère croire que tu es restée, que tu es encore là dans les craquelures du plancher à écluser ton thé vert au jasmin ou à étudier la philosophie et ses dérivés génériques. Il est évident que si j’apprenais ton départ, je ne m’en remettrais pas facilement. C’est un peu pour cette raison que parfois je laisse tomber quelques miettes sur le sol et que j’évite de marcher sur les lignes du plancher. Il est clair que ça me ferait un immense vide de te savoir ailleurs qu’ici voir même avec un autre. Un autre, est-ce possible?

Mood musical: Starflyer 59 – I Win

Publicités

4 commentaires

  1. Les parcelles  »d’autre » tu sais, parfois c’est la vie qui voit à les combler, à les emplir d’artifices là ou le bonheur se fait timide. On ne choisit pas toujours les équations, on subit parfois la somme…

    Pour ce qui est du portrait, je crois qu’elle s’en soucie. Comme l’on se soucie de réchapper la tendresse, l’amitié s’il en est, au travers des vices de ces caresses légères et épistolaires…

    xx


  2. ça me fait tout drôle quand tu écris épistolaire mandoline!

    J’aime ça! 😉


  3. Très joli billet!


  4. Merci Paula! T’inquiètes, la fin du monde n’est pas pour demain!;)



Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :