Archive for mars 2009

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Parfois…

mars 28, 2009

Il y a des jours où les secondes tombent comme des mouches, le temps mécanique. Ce qui n’a rien avoir avec toi, Lili. Quand on parle de toi, ça ressemble beaucoup plus à des heures papillon, tout en couleur. Des voyages absurdes dans le temps et l’espace, des univers inexplorés. J’emprunterais bien ces chemins si je ne les connaissais pas peuplés de géants et d’étranges. Où es-tu de toute façon? Je ne t’ai pas vu depuis 4 jours… Au sud de nulle part, au nord du monde, dans les bras avides de l’est, dans la gorge profonde de l’ouest. Voilà que je m’amuse avec les points cardinaux en t’attendant. Sur notre plancher des montagnes de moutons s’accumulent et roulent dans les recoins convenus. Des troupeaux de négligence dont je m’occuperai quand j’aurai cessé de t’écrire. Crois-tu que la poésie ménagère pourrait émouvoir certaines personnes? J’ai un projet d’écriture très hygiénique, mais c’est une autre histoire.

Il me suffirait de t’en glisser quelques mots pour enrayer ce doute, mais pour l’instant je préfère regarder mes illusions dans le miroir du possible. Parfois mon coeur est un cactus, d’autre fois un fractal fabriqué par les reflets de ton visage… infini.

Martha Wainwright – Bloody Mother Fucking Asshole

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Le langage de la nuit

mars 21, 2009

Lili, c’est le printemps et tu débordes de l’appartement. Tes yeux bourgeonnent dans la nuit claire, tu dégustes ton vin à même le repli des nuages tanguant d’un bord et de l’autre de Saint-Denis te demandant ce que minuit te réserve. J’aime t’observer du haut de mon bolide imaginaire posté dans le ciel de Montréal, ça me donne une vision panoramique de ta vie. L’appartement me rendait morne et aigris, c’est pourquoi j’ai décidé de te pourchasser ailleurs dans cette vaste cité me foutant des frontières stériles qui balisaient encore hier mon idylle à sens unique, si cela se peut. Je jalouse ces géants qui te payent des Martinis Litchis pour t’enlever à la nuit et te faire visiter les repères étroits du plaisir fugitif.

Je les jalouse pour toutes les raisons que la déraison peut contenir. C’est-à-dire, « à l’infini » ou « l’infini plus un ». Est-ce que tu voudras un jour partager un regard avec moi? Qu’on patauge chacun l’un dans l’autre par l’embouchure de nos iris, peu importe le temps que ça durera, parce qu’habituellement c’est là que tout commence. Il y a autant de débuts que de fins de toute façon. Lili c’est le printemps et j’ai envie de t’emmener loin de la ville pour une nuit, mais je ne connais pas ton langage, pas encore du moins.

The Pains of Being Pure at Heart – A Teenager In Love

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Répétition

mars 15, 2009

Je dors tellement depuis deux jours, je dors tellement que je rêve de m’éveiller. Tu t’es faite discrète en dehors de ma tête. En dehors de ma tête seulement, car j’ai ce rêve récurrent dans lequel tu habites une maisonnette isolée sur le bord d’un océan. Un océan inventé évidemment avec si peu d’horizon, un horizon qui se confond avec l’imprécision irréelle du rêve. Tout est vitré et je t’observe survivre sans pouvoir m’en mêler, sans pouvoir t’étreindre, sans pouvoir estomper tes craintes. Tu pleures beaucoup, tu as froid, l’écho de tes pleurs résonne dans ma tête comme si la terre perdue qui t’isole faisait partie de moi. De toute évidence puisque je rêve… De toute évidence puisque tu m’habites, mais toi tu sais à peine que j’existe.

Je suis tanné d’écrire, je suis tanné de dormir. Il fait beau, je veux profiter de ce dimanche ensoleillé. Silence radio… j’adore l’effet bouillonnant que tes larmes donnent à tes yeux verts… silence radio. Over.

MGMT – Time To Pretend

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Insomnie

mars 11, 2009

Ce n’est pas une histoire… je l’aurais cru. Je t’ai entendu respirer. Oh! que oui, je t’ai entendu escalader les murs, malmener la nuit dans son silence. Je n’ai pas vraiment dormi ces dernières nuits. On dirait que je ne sais plus dormir depuis que je t’entends t’élever, en de bourrasques éthérées. Sont-ils plusieurs à t’y emmener, loin, ailleurs? Quand tu rentres, je m’enferme. Je n’ose jamais regarder dans le couloir quand tu passes, mais je me promets de jeter un coup d’œil, la prochaine fois, par l’entrebâillement de ma porte, pour voir ce que la nuit te réserve.

Je n’écris pas beaucoup, il fait nuit. Dans le noir, mes mots ne se sentent pas agiles, tout en saccade, c’est voulu, comme tu soupires. Je suis confus… j’en avais pourtant besoin. Lili, tout ce que j’écrirai dorénavant sera pour toi. Pourquoi? Je ne le sais pas encore.

Hier matin quand je me suis levé, tu n’étais déjà plus là. Tes draps en tempête gisaient sur ton lit comme une œuvre d’art. Je n’ai pu m’empêcher de m’y glisser quelques minutes au moment où le soleil de mars grelotait timidement à l’horizon et que l’odeur du café…et que l’odeur du café tout simplement.

Tindersticks – Come feel the sun

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Lili, tu vis?

mars 8, 2009

Je ne t’ai pas vu te lever ce matin. Je ne sais pas en fait si tu dors parfois, car depuis que tu as emménagé ici, ton lit n’a encore jamais été défait. On pourrait l’expliquer par le fait que tu rentres très tard et que tu te lèves très tôt, avant moi. Il faudrait aussi supposer que tu sois d’une légèreté incroyable, valsant comme une fée sur le plancher craquant.

Je pourrais me faire croire que pourvu que tu paies ta part de loyer, le reste m’importe peu. Pourtant, tu me fascines depuis le premier regard, je veux te sentir vivre ici. J’aimerais retrouver des parties de toi dans tous les recoins de l’appartement. Je préférerai de loin te voir hurler, te retrouver hystérique ou à moitié saoule roulant sur le plancher plutôt que cette parfaite et froide harmonie. Je rêve à ce chaos bien plus qu’à ce vide aseptisé qui glace les couloirs et les pièces de l’appartement.

Je me demande si je n’ai pas fabulé tout ça, suis-je pris de délires schizoïdes qui m’ont fait t’inventer dans ma grande solitude. Lili, existes-tu vraiment? N’es-tu qu’une partie latente de ma folie? C’est en me posant ces questions que je t’entendis monter lourdement dans l’escalier. Tu riais et cheminais maladroitement vers la porte trahissant une douce virée éthylique. Visiblement, tu n’étais pas seule.

Nick Drake – Cello Song

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Métaphysique Embryonnaire

mars 7, 2009

Lili, encore une fois je me surprends à t’écrire dans ma tête. Ces graffitis que je n’expose pas au grand jour restent cachés sur les parois intérieures de ma chair. Il n’y a que tes mots qui arrivent à percer l’épiderme fragile de mon inspiration. Je ne sais plus qu’écrire de cette façon. Dans le noir de moi-même, inépuisable et insondable.

Saurais-tu exister à l’extérieur de moi, ou ton premier souffle aboutirait inévitablement dans une lente agonie vers le dernier? Es-tu parée pour la vie, la vraie, celle qu’on respire d’un coup sec de peur de trop exister, de mal vivre, de s’imprégner de mauvaises façons sur les cloisons de l’histoire humaine. Tes habits immaculés, ta chaste perfection se saliraient et s’effilocheraient probablement. Deviendrais-tu une junkie, la seringue entre les deux yeux, le corps buriné de souffrances indélébiles? Je t’aime, si cela peut être, du moins, je veux t’aimer.

Tu es mon exutoire, mon impudeur, mon alter ego, je te lance dans le vide, je t’extrais de ma chair.

Lili, je tente de te faire vivre comme on fait naitre la vie… ou l’amour, peut-être. Un peu plus près de la mort qu’hier, avant même de t’avoir laissé exister. Le veux-tu? Le veux-tu vraiment?

Thom Yorke – Cymbal Rush