Archive for mars 2008

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Dans l’obscurité

mars 31, 2008

Jour -266 

Le nez tendu… je respirai l’odeur de ton horaire chargé
Dans une case libre de ton agenda, je déposai un bouquet de fleurs à faner
Bilbo Le Commis

J’ai bien aimé le concept, alors je vous écris de l’obscurité de ma chambre, de ma bulle. Comme je suis seul et angoissé, il se peut que mon écriture vacille un tout petit peu. Je tenais à vous en avertir.

Je t’ai vu apparaître sur mon plafond, celui qui dans l’obscurité semble infini. Je n’ai pas vraiment eu peur parce que je m’y attendais. C’est un peu dommage de se rendre compte que certains fantômes finissent par devenir prévisibles. C’est contre nature, tu devrais me surprendre, m’effrayer au moment où je m’y attends le moins, de la même manière que dans la chambre de ma jeunesse qui semblait si loin de tout quand la lumière s’éteignait.

Certains feignent l’orgasme, moi je feins la peur pour ne pas te décevoir. J’émets quelques soupirs intérieurs et j’arrive même à y croire un peu, les battements de mon cœur qui accélèrent comme preuve à l’appui. La plupart du temps, je me félicite. Je vois ton regard triomphant avant de disparaitre. Ensuite, je me remets à penser et tranquillement le plafond se referme à la portée de mon regard.

Après un court laps de temps, j’arrive à m’endormir et l’obscurité tend à disparaître. Elle se colore de vérités voilées et de mensonges maquillés. Au matin, le jour se lève et à la clarté tu te dévoiles, toi qui étais drapée d’un drap blanc dans la grande noirceur. La solitude du réveil est compensée par un bon café, celle qui précède mon sommeil se prend pour un fantôme qui me hante d’une façon beaucoup plus particulière.

Mood musical: Pinback – Non Photo-Blue
Pilosité faciale: 1 jours
Taux d’amabilité: factice
Taux de dérision: fantomatique

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Fausse raison pour ne pas écrire #6

mars 30, 2008

Jour -267 

C’est une histoire de monstres urbains des années reculées, avant même les tramways. Un wagon de l’enfer qui ne s’arrête pas facilement… c’était avant l’invention du frein. Il y a eu beaucoup de morts… quand je vais avoir le temps, je fais une histoire là-dessus. Merci pour ton idée mon gars. Quand je vais avoir du temps… Si vous ne comprenez rien, c’est normal, vous êtes tous beaux et belles dans vos habits d’époque en point d’interrogation. C’est un message codé pour les malentendus.

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Millepertuis

mars 29, 2008

Jour -268  

Plante herbacée, dicotylédone, poussant sur les terrains incultes des régions tempérées, à fleurs jaunes, dont les feuilles parsemées d’une multitude de glandes translucides semblent criblées de petits trous.
Trésor de la langue française informatisé

Je t’appellerai Millepertuis, homme de mon imaginaire, homme qui n’a pas peur de braver les parages les plus malfamés de mon inconscience. Dans ces endroits où les fantômes n’osent pas sortir sans leur caparaçon, prévenir les piqûres de ses insectes de plomb. Le ghetto à l’intérieur de moi. Tu veux devenir le photographe téméraire comme dans le film La cité de Dieu. Je ne pourrais t’en vouloir Don Quichotte, les moulins d’avant ne sont plus ce qu’ils étaient.

Il y a des désirs au creux du cœur de l’homme, qui ne s’expliquent pas dans les mots qu’on arriverait à leur coller. L’espoir n’est qu’une pilule qui stabilise les synapses. Petit homme d’intérieur, tu devrais ne pas t’aventurer dans ce labyrinthe, je t’aurai averti. Si ma tête peut concevoir l’enfer, c’est cette partie de mon cerveau que tu t’apprêtes à visiter. Dans ton chariot de lumière, n’espère pas trouver de trésor. L’île noire, de ce noir absolu dont l’œil ne s’habitue pas, ne contient que des joyaux impalpables. Tu devras voyager comme un aveugle et de quelle façon un aveugle arriverait à trouver ce qui ne se touche pas. Oserais-tu croire qu’il est possible d’inventer? J’entends par là inventer vraiment. Créer des mots qui ne seront basés sur aucun autre langage.

J’aime voir ton évolution, ta progression, tu es plus puissant que je l’aurais imaginé. Ce que tu ne te figures pas encore, c’est qu’à l’endroit où tu vas même les hommes doivent porter la burka. Millepertuis, quand tu seras bien en place comme une statue victorieuse, croyant saisir le moment, l’essence de ta quête. Tout deviendra clair, éblouissant, criblé de balles comme le dormeur du Val hyperbolique. Tu seras le filtre qui laissera transparaitre un peu de ce que le mal-être a fait naitre. Un martyr stabilisateur mort au combat d’une guerre qui ne le concernait pas, ou si peu.

 

Mood musical: Girls in Hawaii – Casper
Pilosité faciale: 7 jours
Taux d’amabilité: ambivalent
Taux de dérision: aliéné

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Bazooka Théâtre – La fois où j’ai merdé!

mars 28, 2008

Jour -269

hiver

  

Joe entre par la droite tandis que Mortimer entre par la gauche. Les deux se retrouvent ensemble au milieu de la scène.

Joe (se tournant vers Mortimer) – C’est que…

Mortimer (regardant dans la direction opposée à Joe) – Je sais…

Joe (à la foule) – Vous savez que… ha pis merde !

Joe quitte la scène dans un élan de colère et de désespoir.

Mortimer – Ce n’était pas vraiment le meilleur au monde, il ne faut pas toujours se fier à un titre. Surtout pour une première date où l’on veut impressionner, pauvre Joe. Prenez L’homme qui plantait des arbres. Il ne plantait pas vraiment des arbres…

Mortimer (tout en réfléchissant) – Humm… mauvais exemple.

Mood musical: Ladytron – Last One Standing (Shipps & Tait Mix)
Pilosité faciale: 6 jours
Taux d’amabilité: TGIF
Taux de dérision: emballé

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Pénalité pour confusion

mars 27, 2008

Jour -270 

Dans ma pilosité faciale, il n’en reste qu’un relent, un tout petit arrière-goût. Par le truchement de ma lèvre supérieure qui s’accole à ma lèvre inférieure, j’arrive à reproduire la nuit sur le bout de ma langue. Cette nuit, tu te souviens? Cette nuit dont je n’ai aucun souvenir. Je sais qu’on a dansé à en perdre la vie, à s’étourdir dans un délire de fin du monde.

Il faisait froid comme la mort, je me souviens de l’avoir vu de nos bouches qui la ressuscitaient la nuit, par envie qu’elle ne se termine pas. C’était au « petit quelque chose » où les serveurs font des shooters spéciales quand on manque d’imagination après déjà plusieurs verres. On ne s’était pas vu depuis des années, j’avais oublié que tu supportais trop bien l’alcool, j’aurais dû me méfier.

Cette nuit, elle ne compte pas en elle-même, elle était le tableau sur lequel on accroche un passé et des souvenirs d’une jeunesse qui nous a fait prendre des chemins différents. Cette nuit, elle était blanche dans ma tête pour mieux la noircir de ces autres nuits passées à tranquillement essayer de devenir quelque chose. Les fois où l’on a tenté de conquérir le monde dans notre grande naïveté d’adolescence. Cette nuit qui m’a laissé un grand vide insaisissable, pour mieux regarder en arrière et reconstruire ce que nous sommes devenus chacun de notre côté.

Mood musical: Broken Social Scene – Anthems for a Seventeen Year-Old Girl
Pilosité faciale: 5 jours
Taux d’amabilité: amical
Taux de dérision: confus

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Why? à la Sala Rossa ce soir

mars 26, 2008

Jour -271

Une phrase qui soit dit en passant n’en dénoncera aucune autre pour l’instant, enfin ce soir, même sous la torture, le cul par dessus tête dans la poussière d’un cachot d’Abou Ghraib.

Mood musical: Why? – Crushed Bones
Pilosité faciale: 4 jours
Taux d’amabilité: torturé
Taux de dérision: musical

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l’aveu

mars 25, 2008

Jour -272

Il marchait dans un désert quand il crut t’apercevoir.
Tu me dirais si tu étais encore là, qu’il n’y a pas de désert dans Montréal. Jadis, j’aurais pu te croire, quand il était encore temps. Maintenant, je suis ici avec lui, les pieds qui me brûlent de l’intérieur et le sable à perte de vue. Le Sahara je ne l’ai jamais vu, mais je peux très bien me l’imaginer. Il me pointe cette femme, il me montre le corps dénudé et le sable de sa bouche. Sa bouche qui disperse par sa mort autant de grains de sable que de souvenirs à effacer. Tu me dirais si tu étais encore là, que ça te fait penser au film de Gondry, celui avec éternelle dans son titre comme l’écume d’éternité qui sort de ta bouche, parce qu’autant lui que moi savons que cette femme, c’est toi.

Cette chambre d’hôtel, qui n’est maintenant que poussière, il ne peut l’expliquer. Il voudrait lui trouver une raison logique, mais la logique fuit par tous tes membres, par mes doigts également. Je tente de lui rappeler l’homme sur le banc, le papier photocopié, le message sur le mur. Il ne veut rien entendre, il ne saisit plus rien. Ma diversion, mon crime imaginaire pour t’oublier. Ce scénario pour me décharger de cette culpabilité. Il s’en va, ce n’était qu’un témoin, parce qu’il en fallait un, parce qu’il n’en fallait qu’un. Et dans l’horizon, je le vois se fondre au désert, immobile en plein milieu d’un Montréal imaginaire qui nous appartenait. Je m’en vais de la même façon, je ne reviendrai plus dans cette partie de ma ville que je déserte pour toujours. Je m’en vais et je te porterai sur un mur comme un tableau de Dali.

Mood musical: Damien Rice – 9 crimes
Pilosité faciale: 3 jours
Taux d’amabilité: avoué
Taux de dérision: en boucle