Archive for février 2008

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La chambre

février 29, 2008

Jour -297 

Dans la chambre d’une partie de ma jeunesse, je revois des recoins de ma vie, parfois banals, parfois tranchants, d’autres qui me donnent une boule dans la gorge ou un sourire nostalgique. Je reviens visiter mes fantômes, les traces invisibles que j’ai nécessairement laissées dans le vide de l’espace. Je n’ai pas le talent de dessiner, mais j’ai le souvenir des images. Il n’y a plus aucun meuble du passé, mais la configuration des murs et la forme géométrique inusitée du plafond me suffisent. Elles sont fortes ces images, elles m’appartiennent. Je les garderai pour moi, mais dans le noir quand j’aurai fermé la lumière, je vous laisserai humer leurs parfums. Le parfum qui vous ramènera à vos propres images que vous imaginerez dans la propre forme géométrique qui constituait la chambre de votre passé. Dans une légère discontinuité de la ligne du temps, nous serons des voyageurs.

Pilosité faciale: 5 jours
Taux d’amabilité: voyageur du temps
Taux de dérision: sans gras

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Fausse raison pour ne pas écrire #4

février 28, 2008

Jour -298 

La fiction par extension n’est-elle pas un peu le mensonge, omniprésent dans la réalité. Tandis que, la réalité inspire indéniablement la fiction. Ce qui m’emmène à penser que la réalité et la fiction sont étroitement liées, voire indissociables et, à la fois, tout à fait opposées dans le concept de logique. La raison de ne pas écrire ce soir est faussement réelle ou réellement fictive, mais me porte à réfléchir sur le billet précédent.

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Fenêtre sur la nuit

février 27, 2008

Jour -299

Dehors, la nuit s’agrippe aux vitres de mon appartement, laisse place à une vision fumée du monde. Le cadrage blanc se décadre, se dévergonde dans une danse transitoire avant de se figer pour de bon, d’un peu n’importe quelle manière, dans une pose à la Dali, un visage sur l’ennuie surréaliste. J’aime quand elles me font ça, ces magouilleuses, ces joueuses d’espaces. J’ai l’impression qu’elles font ça pour le spectacle, d’un vicieux plaisir elles m’offrent la nuit déformée.

De par mes vitres, l’arbre qui tronçonne le ciel n’est qu’un pâle exemple de ce qui s’anime. À travers ce hublot de lumière, des corps qui s’épousent pour se délaisser, se crier des mots que je n’entendrai jamais. Par contre, je vois leurs reflets s’extasier dans la pièce, se mélanger aux cris du silence. Gêné de regarder, je laisse mes yeux s’inonder d’images, celles dont je n’ai pas droit.

De l’autre côté, le froid s’angoisse de ne pas me posséder moi qui suis bien au chaud. Moi qui épie, d’un voyeur plaisir, le téléviseur sur le monde, une empreinte sur la rétine. Et si ce n’était que le passage de mon regard entre la fiction et la réalité, un inconnu habillé de mes vêtements, la triste réplication de mon visage maquillé. J’éteins cette vision d’un seul bouton sur une télécommande sans piles. L’envie s’endort sur mon lit pendant que j’essaie de songer à ce qui n’existe pas, mais sans succès.

Mood musical: Mercury Rev – Vermillion
Pilosité faciale: 3 jours
Taux d’amabilité: surréaliste
Taux de dérision: fictif

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Meilleur macaroni au fromage au monde!

février 26, 2008

Jour -300 

J’arrive à l’appartement, déballe mon épicerie quotidienne, ce soir ce sera un macaroni au fromage. J’en rêve depuis un mois. N’allez pas croire que je vais me faire un Kraft Dinner ! Non, ce soir c’est le grand jeu. Une recette prise sur Internet avec le titre : Meilleur macaroni au fromage au monde! Ma soirée augure bien. Pour fêter ça j’ouvre une petite bouteille de vin, rien de très classe, une petite bouteille de semaine. Je ne vous dis même pas le nom. En préparant, ce fameux truc, j’harmonise mon antre gustatif de quelques gorgées de vins dans le but de préparer mon gosier à accueillir cette future joie. Choix de pâtes : coquille. Ouais, je sais je suis un original, je veux toujours faire différemment. Je suis vraiment un anarchiste des pâtes. Donc, je mélange les trucs (aucun détail, de toute façon vous avez la recette), galope ça dans le four vite fait, bien fait. Et voilà !

Bon, ce texte aurait très bien pu se terminer là. Pour me laisser le plaisir de déguster mon plat en toute quiétude. Savourer le moment, l’indéfectible perfection si l’on s’en remet au titre. J’en suis pourtant à la troisième bouchée et je regarde mon fourneau qui est malade comme s’il venait de prendre sa première brosse. J’ai le ventilateur de plafond qui me regarde de ses trois lumières droit dans les yeux et qui me dit en m’éblouissant : « si tu me refaits, ça je te quitte » (ce qui serait pour moi une très triste nouvelle). Il y a le frigo qui se marre de moi en me pointant du doigt le restant que j’ai mis dans un plat pour mon lunch de demain. Mais le comble, cette fourchette que j’entends murmurer dans le fond de mon plat. Ce doux murmure dans une langue étrangère comprenant le mot noche et asesinato. Cette fourchette qui est déjà très complice avec ma superbe cafetière. Cette fourchette qui tient debout par elle-même dans une sorte de bouillie de chapelure mutante, à m’en demander si ce n’est pas elle qui me dévore par en dedans à la suite de ces trois bouchées de trop.

Je m’en remets à vous chers lecteurs et lectrices, ceci sera peut-être mon dernier écrit. Je ne le souhaite pas parce que ce serait sur une mauvaise note. Un billet sensiblement moyen, fidèle à mes mardis. Souhaitez-moi le courage et la force d’affronter cette fourchette mexicaine en colère. Mon instinct de survie est à son niveau maximum, ce sera un voyage au bout de la nuit. Les camps sont déjà formés, j’ai même un ninja de mon côté.

Mood musical: Le silence
Pilosité faciale: 2 jours
Taux d’amabilité: 10 cm du goulot
Taux de dérision: décadent

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Des regrets…

février 25, 2008

Jour -301 

J’ai semblé voir de sous la table, un banquet festif forgé dans un plaisir de fin du monde, une si petite envie d’éternité. J’ai rêvé de l’ombre d’un doute perchée sur le dos de mes angoisses filantes. Je me suis laissé bercer par un demi-sommeil sur les routes de notre histoire. Dans un abus de mots que je retenais à plein ma tête, j’aspergeais mon imaginaire de toutes ces images, de tous ces souvenirs.

J’ai semblé voir de sous la table, une crise de larmes à en plus survivre. Un flot d’espoir, se briser sur la triste réalité. Un sourire, se transformer en crochet de haine. Des milliers de pas autour d’une table à me chercher, à vouloir sauver ce qui n’était pas déjà ailleurs. Ce qui demeurait enfermé à l’intérieur de moi pendant qu’il mourait peu à peu à l’intérieur de toi.

J’ai semblé voir de sous la table, plus rien. Quand je me suis décidé à en sortir, une grande salle vide laissant un écho de fin du monde, un si petit dénie d’éternité. J’ai retourné la table sur le dos, les pattes en l’air. Dans cette colère contre moi-même, j’ai investi l’objet. Le bouclier de mon échec devenant le chariot de mes espérances.

Mood musical: Girls in Hawaii – Organeum
Pilosité faciale: 1 jours
Taux d’amabilité: lundiesque
Taux de dérision: sous la table

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Le dernier dimanche de février

février 24, 2008

Jour -302 

Aujourd’hui, j’ai envie de lire, tout lire.

Une journée à ne pas vraiment exister, pour le plaisir des mots. Vous croyez que c’est une maladie qui se guérit? Parce que si oui, docteur, je vais me tenir loin de vous. Je vais aller me perdre dans le fond d’un salon de thé ou d’un café. Un regard par page… maximum.

Perdition

Ce n’était qu’un château, un petit château de banlieue où les princesses ont le pouce vert. C’est souvent plus près qu’on ne se l’imagine. Pourquoi pas en billet de chez vous? Soupçonnez, mais n’allez pas y mettre le nez, car vous pourriez tomber face à face avec un clan d’asiatiques (dans ce cas bien précis) fâchés. Le thé vert de sous-sol est très tendance, les salons de thé ne fournissent plus. Il requiert un environnement très spécifique, et la ruine d’une petite partie de l’univers.

Carotte

— Tu savais qu’il existe vraiment des carottes jaunes?
— Tu veux dire du panais?
— Non, non de vraies carottes, mais jaune.
— Nooooooooon? Tu me niaises.
— Même pas.
— Tu passes les cartes là qu’on joue.

Vilipender

Il n’y a pas de plus belle fin que celle qui commence par un agréable début, enchâssé de milieux un peu négligés laissés à l’abandon du froid et du vent. Il n’y a rien qui ne fasse plus pitié qu’un milieu d’histoire. Mis à part, le début et la fin de ce milieu. Le milieu du milieu, ça tire une larme. On voudrait le prendre dans ses bras et lui dire que ça ne durera qu’un temps. Je suis pour la liberté et l’épanouissement des milieux.

Ha oui! J’oubliais je passe aux nouvelles du côté de chez l’alcolo et La fêlée. Merci à vous!

Mood musical: Throw me the Statue – Conquering Kids
Pilosité faciale: 7 jours
Taux d’amabilité: sous forme de mots
Taux de dérision: dominical

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Le paroxysme du complot

février 23, 2008

Jour -303  

— Monsieur, la bonne nouvelle est que vous n’avez pas de carie, par contre, vous avez une ville dans la dent.

J’en étais à ma deuxième visite, la première n’avait révélé aucune anomalie. Un mal qui va et revient, qui se cache lors du rendez-vous bien évidemment. Une ville secrète creusée dans l’encolure de ma molaire supérieure.

– Monsieur, selon le traité international secret des dentistes, je vais devoir vous effacer la mémoire à court terme, mais j’ai besoin de votre signature. Cette ville est une société secrète à même votre dent, nous ne pouvons en aucun cas l’extraire pour le moment. Seulement la soulager temporairement.

J’aime les soulagements temporaires autant qu’ils durent, c’est-à-dire jamais assez longtemps. J’allais me souvenir, j’allais me souvenir, retenir mon souffle intérieurement. Ne pas succomber, ne pas respirer.

— Monsieur, les États-Unis d’Amérique vous sont très reconnaissants. De la part de l’ordre des dentistes, nous vous souhaitons un agréable voyage.

[…]

J’en étais à ma quinzième visite, les autres ne me laissaient que de vagues souvenirs. La mémoire qui se dissipe avec les années, les souvenirs qui de plus en plus flous finissent par tomber dans le précipice de l’oublie.

— Monsieur, nous devons extraire votre molaire supérieure droite, elle ne sera plus d’aucune utilité pour la nation. Bien évidemment demain vous ne vous souviendrez de rien. En ce 12 septembre 2001, nous vous souhaitons un agréable voyage.

Ce que la ville est belle quand on a plu mal! Tout reprend ses couleurs d’origines. L’amour n’est plus un concept flou, la mort semble si loin. Et surtout, je n’ai plus ce rêve récurrent, ce « rêve fantasme » avec ces deux jumelles qui font une surdose d’héroïne dans mon lit.

Mood musical: Chromatics – Running Up That Hill
Pilosité faciale: 6 jours
Taux d’amabilité: Parano
Taux de dérision: cyclique