h1

Lili, tu vis?

mars 8, 2009

Je ne t’ai pas vu te lever ce matin. Je ne sais pas en fait si tu dors parfois, car depuis que tu as emménagé ici, ton lit n’a encore jamais été défait. On pourrait l’expliquer par le fait que tu rentres très tard et que tu te lèves très tôt, avant moi. Il faudrait aussi supposer que tu sois d’une légèreté incroyable, valsant comme une fée sur le plancher craquant.

Je pourrais me faire croire que pourvu que tu paies ta part de loyer, le reste m’importe peu. Pourtant, tu me fascines depuis le premier regard, je veux te sentir vivre ici. J’aimerais retrouver des parties de toi dans tous les recoins de l’appartement. Je préférerai de loin te voir hurler, te retrouver hystérique ou à moitié saoule roulant sur le plancher plutôt que cette parfaite et froide harmonie. Je rêve à ce chaos bien plus qu’à ce vide aseptisé qui glace les couloirs et les pièces de l’appartement.

Je me demande si je n’ai pas fabulé tout ça, suis-je pris de délires schizoïdes qui m’ont fait t’inventer dans ma grande solitude. Lili, existes-tu vraiment? N’es-tu qu’une partie latente de ma folie? C’est en me posant ces questions que je t’entendis monter lourdement dans l’escalier. Tu riais et cheminais maladroitement vers la porte trahissant une douce virée éthylique. Visiblement, tu n’étais pas seule.

Nick Drake – Cello Song

Publicités

One comment

  1. Ça me fait penser à un album de Daniel Bélanger: Joli Cahos.



Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :