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Monsieur Trébuchet

mai 6, 2008

Jour -230

Barton, où est-ce que tu es passé? Est-ce que ton prénom veut encore dire quelque chose? Quand je le crie haut et fort : « Barton, Barton, Barton ». Vas-tu te reconnaître, te retourneras-tu dans la rue quand je serai sur l’autre trottoir? Quand je braverais la Saint-Denis en plein trafic pour te rejoindre, tenter de te rattraper entre deux klaxons de taxis volubiles. Barton, le pas joli. Barton, l’un tout petit peu frustré. Reviendras-tu sur ta parole de me bouder pour l’éternité?

Bart aux cheveux gris-jaune, au profil pressé. Ton écumante passion pour les mots obscènes, les mots d’ivrognes sortis tout droit d’une gorgée de Southern Comfort réchauffé par le plomb de la ville. Par le plomb de la balle qui transperce ton cerveau au ralenti. Elle prendra peut-être quinze ans à traverser, mais elle est là. Oh! que je me souviens qu’elle est là! J’ai vu de tes idées sortir par le trou qu’elle a fait derrière ta tête il y a déjà quelques années. Me reconnaitras-tu?

Barton, mon copain d’asphalte, mon pourvoyeur de tarte à la chenille. Je ne saurai pas comment t’aborder de toute façon. Mon cerveau est trop usé et je n’ai plus cette fougue de survivre à tout prix. Toi que j’appelle sans cesse, je ne te vois foutrement plus depuis qu’ils m’ont donné ce remède de cheval. Je suis comme le Vagabond ou Skippy, sauf que je ne sauve personne, je me sauve de tout le monde. Quand je crie ton nom dans le métro, ça fait pleurer les petites filles. Les petites filles, je les fais pleurer parce que je crie ton nom si fort dans le métro. Barton, pour que tu me reviennes.

Mood musical: The Delgados – Pull The Wires From The Wall
Pilosité faciale: bien entretenue
Taux d’amabilité: déconnecté
Taux de dérision: The Man With No Name

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6 commentaires

  1. Et si j’étais tout droit sorti d’un film des frères Coen?


  2.  »les mots d’ivrognes sortis tout droit d’une gorgée de Southern Comfort réchauffé par le plomb de la ville. Par le plomb de la balle qui transperce ton cerveau au ralenti. Elle prendra peut-être quinze ans à traverser, mais elle est là. Oh! que je me souviens qu’elle est là! J’ai vu de tes idées sortir par le trou qu’elle a fait derrière ta tête il y a déjà quelques années »

    Oh que j’aime ces mots, merci, simplement merci 🙂


  3. Merci Mandoline! Ça fait vraiment du bien un commentaire comme ça quand on est en exploration…qu’on n’est pas trop sûr de la pertinence d’un texte.


  4. Wow j’adore ce texte!


  5. Merci Sicame! Content de vous revoir par ici! 🙂


  6. Dans ma vie à moi, son nom était différent…et sa chevelure aussi…mais peu importe ! Ça ne peut être que lui…Tu le décris si bien !

    On a tous un Barton caché dans notre vie, quelque part entre le passé et le présent…non ?

    Ta façon d’écrire me renverse souvent…Presque tout le temps. Merci.



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