h1

Amour fantoche

avril 23, 2008

Jour -243

J’aimerais seulement te dire ce soir que c’était une bonne idée de me fermer la porte au nez il y a de ça quelques années. Ton peignoir évasé laissait voir ce que je n’avais jamais vu quand tu as ouvert subitement la porte espérant probablement quelqu’un d’autre. Pourtant, il n’était pas si tard, le soleil venait à peine de se coucher. Si je me souviens bien, tu devais avoir trente ans tout juste. Je n’avais jamais encore pu imaginer que ton corps à moitié dévoilé pourrait me faire autant fantasmer. Quand j’ai vu ton air désintéressé, cela m’a piqué au vif. Moi qui croyais que c’était possible, que je n’en demandais pas tant. Je ne sais pas si mon habit de baseball a fait en sorte que la magie n’y était pas. J’avais tout de même répété ma première approche maintes fois dans ma tête avant de sonner à ta porte. Je la croyais bétonnée, parfaite, sans possibilités de refus.

Après cette défaite, je suis allé me cacher dans la haie de cèdres qui longeait ton terrain. Je savais qu’il y avait quelqu’un d’autre. Que cette personne ne tarderait pas à arriver. J’ai attendu, attendu plusieurs heures. Mes paupières tombaient, mais je bagarrais contre le sommeil, ma jalousie était beaucoup trop forte pour succomber à l’appel de Morphée. Je me concentrais sur les véhicules qui passaient dans la rue, hypnotisé par les reflets des phares qui me permettaient de ne pas trop penser au temps qui filait, à la nuit qui m’assaillait. J’ai combattu du mieux que j’ai pu, j’aurais dû partir, mais le désir était trop fort.

C’est toi au matin qui m’a surpris dans toute ma vulnérabilité, vautré entre ta haie et ta voiture. J’avais surestimé mes forces et je m’étais endormi à même ton sol. Personne n’était venue ou du moins personne pendant que j’étais encore éveillé. Tu m’as quand même demandé gentiment ce que je faisais là, d’une voix maternelle. Rien avoir avec la femme voluptueuse que tu étais la veille quand tu m’as claqué la porte au nez à moitié nu, assez pour me donner des rêveries pendant plusieurs années. Du haut de mes huit ans bien comptés, j’ai bégayé que je vendais du chocolat pour mon équipe de baseball. Tu m’en as acheté deux boîtes, une aux chocolats noirs et une autre aux amandes. Si tu savais pendant combien d’années je t’ai imaginé le manger ce chocolat. De plusieurs façons différentes. J’étais vraiment amoureux.

Mood musical: Nouvelle Vague – In A Manner of Speaking
Pilosité faciale: 7 jours
Taux d’amabilité: envouté
Taux de dérision: à flots

Advertisements

4 commentaires

  1. Fantastique histoire. Comme vous écrivez bien!


  2. merci bien! 🙂 Bienvenue dans mon monde! 😉


  3. Ah… encore doux, encore et toujours doux… encore et toujours merci aussi… j’admire ceux qui, au contraire de moi, ne souffre pas de cette panne d’inspiration et des mots qui la couvrent!


  4. Ha je ne doute même pas quelle va revenir cette inspiration!Et je vais avoir un joyeux plaisir à les découvrir ces mots.



Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :