Posts Tagged ‘suicide’

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Point de fuite

mai 1, 2008

Jour -235

Je t’ai encore quelque part dans la zone inactive de ma liste MSN. C’est un peu bizarre, parfois, ça me fout le cafard. J’ai vraiment l’impression que tout fuit, tranquillement sans qu’on s’en rende compte. Je ne parle pas uniquement de nos espoirs et de notre jeunesse. Il y a du tangible qui disparaît au bout de ces espoirs, et de cette jeunesse. On se laisse un peu s’échapper dans l’oubli à petits morceaux. On doit nécessairement se délester en chemin sinon le voyage parait beaucoup trop lourd. On se dit qu’au bout du chemin on pourra remettre la main sur ce qu’on a fait basculer de l’autre côté.

J’aimerais croire qu’on prépare en quelque sorte notre sortie, on revient rarement pour saluer la foule. Tu sais, j’ai parfois l’impression que quand je te parle comme ça, mes mots se rendent un peu plus loin que je l’imagine. C’est une question de gravité, on se dirige tous dans la même direction finalement. Il doit y avoir forcément un endroit où tout s’accumule, où tout devient quelque chose de définitif. Dans le fond, peut-être que je perds trop d’énergie à essayer de tout retenir, à m’étourdir.

« Rien n’est précaire comme vivre », disait Aragon. Il y a des parties de moi qui fuient, mais je ne suis pas malheureux. Je vieillis comme je peux. Je sais aussi que c’est plus dur pour certains. C’est pour ça que je ne te jugerai jamais pour ce que tu as fait. Au contraire, je vais toujours t’admirer pour les traces indélébiles que tu as réussi à placer dans ma tête bornée. Tu t’es laissé aspirer en entier de l’autre côté peut-être à cause de l’angle de ton point de fuite beaucoup trop incliné. Je t’ai encore sur ma liste MSN, mais je sais bien que je ne te reverrai plus en ligne.

Mood musical: Patrick Watson – The Great Escape
Pilosité faciale: 8 jours
Taux d’amabilité: transcendant
Taux de dérision: précaire

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Chute libre

janvier 29, 2008

Jour -327  

C’est une chute vers le bas de ma page. C’est une allégorie de gravité et d’aisance, il ne faut pas trop se poser de questions quand la fin est déjà en jeu. Je les enligne comme des bouteilles vides qui s’accumulent. Les mots fast food, les mots bonbons qui tournent en rond dans mon esprit conditionné.

Je voudrais leur faire dire quelque chose qui ne se dit pas ou qui ne s’est jamais dit. Qui ne se dira jamais? Espérer le meilleur sans effort, saisir le moment de chasteté d’une idée qui n’est pas chaste, mais qui nous le fait croire. La troisième écoute en boucle d’une pièce musicale qui recommencera une quatrième et cinquième jusqu’à la fin. Dans un état quasi second, envoûté par l’instant et l’improvisation d’une synchronicité alarmante, entre les notes de piano, et mes doigts qui frôlent les touches de mon clavier.

C’est un plongeon dans le vide, sans attache, sans reliure, que des mots électroniques éphémères qui ne survivront que quelques heures. Il n’y aura pas d’histoires, ni de mensonges. Aucune vérité et encore moins de solutions. C’est une chute vers le bas de ma page, car les mardis ne m’inspirent que le vide. C’est le suicide d’un billet qui n’a pratiquement pas eu le temps de voir le jour.

Mood musical: Mogwai – Friend of the Night
Pilosité faciale: 3 jours
Taux d’amabilité: éphémère
Taux de dérision: insuffisant