Posts Tagged ‘Novembre’

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Le (doux) mois des morts(-vivants)

novembre 8, 2009

J’ai regardé par la fenêtre, le ciel bleu tiraillait les branches nues pour s’imposer à ma rétine. Le soleil était là, quelque part, hors de mon champ de vision. Le cadre d’une fenêtre nous impose souvent, par sa position, une image redondante de la vie. Il y avait novembre qui s’imposait lui aussi de par ses doigts froids et rachitiques. Ce novembre qui nous étrangle et nous fait perdre le souffle, qui nous écrase très près du sol et nous restreint de lumière.

Des parties de toi étaient disséminées aux quatre coins de l’appartement comme si la nuit avait été un champ de mines. J’ai fait du café, repensé à la position des astres pour m’orienter dans cette nouvelle réalité. J’ai bu du café, rassemblé les lambeaux de ton souvenir pour me faire une image de toi quasi présente. Il n’y a plus de doute, il y a dans ton absence un parfum d’impatience; le parfum du retour.

Quand je n’ai plus eu de café, je suis allé affronter novembre avec dans le revers de mes habits l’étreinte du souvenir. Il n’avait rien de menaçant, sinon l’écho d’un hiver dans son vent barbelé. J’ai vu dans le Soleil qui tombait à vu d’œil : le sentiment de chute libre, l’excitation de l’inconnu, l’étourdissant retour des possibles. J’ai fracassé ma boule de cristal sur les murs du hasard, j’ai laissé les morceaux incruster ma chair. J’ai souri pour tout et rien (surtout rien), humant dans l’air frais de Montréal la certitude de ton retour.

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La saveur du mois

novembre 10, 2008

Jour -41

Ne quittez pas maintenant Monsieur Novembre, les couleuvres s’effilochent comme des Ficellos de Lactancia et l’on ne voudrait pas vous voir partir sans vous être sustenté. Les couleuvres s’effilochent et Valentine semble triste de vous voir trépigner près de la porte de sortie. Êtes-vous lassé de notre compagnie Monsieur Novembre? Valentine est triste que vous l’ayez dépucelé dans ce lit de farine et que vous partiez déjà la laissant nue et désemparée. Je vous en pris! Dîtes lui que vous l’aimez, du moins, faites semblant quelques heures encore. Des couleuvres et du vin de safran pour fêter la lune gibbeuse. Du vin de safran comme on en fait que par ici, dans ce pays de grande déraison.

Buvez, Monsieur, buvez pour que cela vous assomme, qu’on en parle plus. Demain matin vous allez vous éveiller dans ce lit de farine sous Valentine ronflante d’une ivresse inconvenante. Buvez tout le vin, ne vous souciez pas de moi, je fais que narrer. Buvez tout le vin, mais ne vous éternisez pas trop! On ne s’incruste pas ici, la croustade aux escargots c’est pour les saligauds. Il ne faudrait pas coller, laissez place au prochain hospodar qui arrive au loin. Il se pointe sur sa sarcelle bien dressée les ailes baignant dans l’eau de névé. Quittez les lieux! Je vous en supplie. Qu’on refasse une beauté à cette vierge Valentine dans son lit de farine pour Monsieur Décembre qui ne se doutera de rien.

Mood musical: Dj Rupture – Reef Baby Kites and Nokea