Posts Tagged ‘enfance’

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Ruelle

juillet 30, 2008

Jour -144

Dans la ruelle, le crépuscule décape les arrière-cours de ses rayons qui s’immiscent entre les minces et rares interstices qui séparent les immeubles entassés. Fuyard sur ses dernières minutes de labeur, l’astre du jour décampe comme un mal élevé. Les gamins devront se contenter de ces timides ampoules qui ornent la façade arrière de certains bâtiments pour terminer leurs jeux inventés. Leurs cris n’en seront guère tamisés jusqu’à ce que s’épuisent les troupes ou que la mère la moins conciliante s’empare de son cadet le harponnant prestement par l’arrière du collet.

De mon balcon, je vois la nuit qui s’effrite en particules lumineuses et la ruelle déserte qui abandonne son dos vierge aux astres séraphiques. Il me semble qu’il n’y a pas si longtemps, je rêvais encore de ces étés de congé sans fin qui s’étalait sur des mois entre les pages éventées de nos calendriers scolaires. Que je m’endorme sur ces souvenirs, une coupe de rouge à la main, pour oublier que les journées d’été m’épuisent autant maintenant que ce triste automne qui me rend vaste et nostalgique.

Mood musical: Bowerbirds – In Our Talons
Pilosité faciale: 8 jours
Taux d’amabilité: nostalgique
Taux de dérision: éventé

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Innocente jeunesse

janvier 30, 2008

 Jour -326

Au début de l’année, nous avons commencé à nous connaître comme si nous vivions ensemble et réveillés, car ma voix avait pris un ton câlin qu’elle écoutait sans ouvrir les yeux, et elle me répondait avec le langage naturel de son corps.
Gabriel Garcia Marquez, Mémoire de mes putains tristes.

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Quand je t’ai vu ouvrir les yeux, quand je t’ai vu regarder vers le ciel, j’ai su qu’il était trop tard. Ce n’est rien du ciel autant que son immensité qui m’a fait comprendre que tu désirais l’absolu. La nuit noire comme le ciel bleu qui s’offraient à l’infini, d’une perspective humaine. J’ai constaté l’absence de désir envers la petitesse que j’étais devenu. L’humain fragile qui se donne au sarcasme du temps et de l’infinitésimal.

Je t’ai regardé partir, médusé par le moment qui m’embrouillait dans ce tourbillon routinier. Les jours ne passent plus comme avant, il me traverse comme le vent léger qui effleure les formes sans les faire s’émouvoir. Tu riais au plus profond de mon être. Tu vivais en moi, par moi, dans les interstices de ce que j’étais.

Et dans leurs yeux maintenant, je te vois et j’en verse quelques larmes intérieures. J’espère bien passer le flambeau un jour et te voir revivre par mon sang. Il n’y a nul doute, je ne partirai pas sans avoir vécu le sentiment d’être quelqu’un pour veiller sur toi.

Mood musical: The National – Mistaken For Strangers
Pilosité faciale: 4 jours
Taux d’amabilité: nostalgique
Taux de dérision: désertique