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Dans la peau de Boris Vian…

janvier 26, 2008

Jour -330

Il y a quelqu’un qui est tombé sur mon carnet en faisant la recherche : « je l’embrassais »+boris vian. Ce qui m’a inspiré le texte qui suit:

On a glandé longtemps devant la vitrine. Elle regardait le bouquet de fleurs et moi le nouveau truc qui fait de la vapeur. Il n’était pas l’heure de dîner et encore moins l’heure de danser alors la vitrine était un endroit parfait pour perdre quelque temps.
— Vous êtes là pour les fleurs?
— Non, je regardais le reflet de mon visage pour replacer quelques mèches, s’empressa de dire la femme.
— Moi, je regardais les fleurs. Elles sont si jolies. Vous embrassez?
— Non, je ne sais plus. J’ai perdu une partie de ma jeunesse en vieillissant.

La vitrine fermait ses portes et les fleurs tranquillement partaient chez elles sur leurs pattes de fleurs. La machine à vapeur suivait avec peine apostrophant les unes après les autres pour savoir si elles voulaient coucher ce soir.
— Je peux vous demander votre nom?
— Non, vous ne pouvez pas, mais vous pouvez m’embrasser, j’ai l’envie soudaine de réapprendre, dit la dame de façon naturelle.
— Je ne sais pas embrasser. Je me contente de coucher, c’est moins compliqué et ça permet de garder la forme.

La nuit criait le last call et nous étions encore là devant cette vitrine fermée. Les étoiles aboyaient leur dernier tour de jazz. La petite à trompette se donnait particulièrement imitant les mouvements frénétiques d’une truite qui vient de se faire prendre.
— Je vais vous embrasser.
— Vous ne devez surtout pas m’avertir. C’est contre la règle d’or du baiser, vociféra avec hargne la dame s’apprêtant à partir vers chez elle.
— Je peux coucher avec vous alors?
— Bien sûr.

J’ai profité de ce « bien sûr » pour poser mes lèvres sur les siennes. L’atmosphère était à son paroxysme et la petite trompettiste couchée par terre tournait en rond caricaturant la grande roue de façon tout à fait humaine.
— Vous n’avez pas honte, embrasser une femme dont vous ne connaissez pas le nom sans annoncer comme ça, s’indigna la femme et cette fois partant réellement dans la direction de chez elle avec un pas sans retour.

Je suis resté là pétrifié une minute ou deux à penser à rien d’autre que faire le vide. Je me suis ensuite précipité dans la direction opposée, voir si c’était encore possible de rattraper une de ces fleurs.

Mood musical: Duke Ellington – Cloe
Pilosité faciale: 6 jours
Taux d’amabilité: plein d’espoir
Taux de dérision: dignement

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Point de départ

janvier 1, 2008

Ce matin-là, il me vint à l’esprit d’engendrer une quelconque suite logique qui permettrait de matérialiser mes angoisses, mon bonheur… et mon imaginaire. Depuis plusieurs années, j’ai dans la tête ce désir de créer par les mots. Mon but ultime : démarrer un projet d’écriture à l’aube de mes 30 ans. Comme il ne reste qu’un peu moins d’un an avant cette ligne à la fois de départ et d’arrivée, j’ai conclu un pacte avec mon âme. Ce pacte est en fait de réaliser le compte à rebours des jours qu’il me reste avant la trentaine sous la forme d’un carnet. Une année de pratique qui je l’espère me permettra de me rendre compte si mon but est atteignable et surtout si j’ai vraiment envie d’écrire.

Cette aventure ne concerne ni l’hiver et encore moins Khartoum. Il ne sera pas non plus question de Boris Vian et de son Automne à Pékin, bien que l’ombre de ses mots pourrait bien transparaître dans les miens. C’est ici que je commence, à nu, en espérant que ce parcours me donnera des armes et de l’inspiration. Quant à vous, je vous souhaite du plaisir et plusieurs fruits à « croquement constant et jutement aléatoire » (on n’en a jamais trop).

Jour –355 de mon constat avant le point de non-retour de mes 30 ans.