Archive for the ‘printemps’ Category

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Mon nom

juin 20, 2008

Jour -184

hiver

J’entends le grondement de tes cordes vocales envenimer ton larynx et par le truchement de ta bouche comme caisse de résonance crier mon nom par-delà la rue. Je vois ton visage défait, tes traits tirés. Je vois ton visage défait, tes yeux contaminés. Je constate la pluie, je feins de t’entendre, je fabule un tonnerre.

Il y aurait eu le soleil que j’aurai dû lui inventer un torrent. J’aurais laissé le vent me fabriquer un abri nucléaire pour me protéger de tes apparitions. Ce n’est pas vraiment que je te fuis, il y a que je sublime ta présence de ma proximité. À l’état de vapeur dans mon esprit, tu fais moins de grabuge. J’aimerais t’y déficeler pour que tu redeviennes étrangère.

J’ai cru entendre ta voix de l’autre côté de la rue. C’était pourtant les cloches de l’église Saint-Ambroise qui clamait ton absence. Et la pluie diffusait le tintement de façon à ce qu’il ressemble à mon nom.

Mood musical: Notwist – Where in this world
Pilosité faciale: 3 jours
Taux d’amabilité: inventé
Taux de dérision: diffus

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Le Boulanger

juin 18, 2008

Jour -186

Le principal intéressé fut le Boulanger qui n’avait pas encore enfourné son pain au chant du coq. Les pâtisseries de la journée étaient encore à l’état hypothétique quand il ouvrit la radio espérant l’annonce d’une fin du monde imminente. Comme seul réconfort, il eut droit au murmure d’une auditrice qui racontait ses déboires avec les rats qui infestaient le sous-sol de sa maison de campagne. Il pensa à son chat avant d’enduire le comptoir de farine. La radio continua de geindre ses fréquences hertziennes, mais lui ne l’écoutait plus.

Mood musical: The Dears – Lost in the Plot
Pilosité faciale: 11 jours
Taux d’amabilité: enfariné
Taux de dérision: continu

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Impact

juin 17, 2008

Jour -187

Je n’ai pas vu de tragédie. Je n’ai pas vu de marée noire, ni d’étangs usés par la pollution urbaine. Je n’ai pas vu de goudron sortir par les pores de ta peau hermétique. Je n’ai pas su lire l’avenir ou le passé en palpant le pouls inégal de tes veines saillantes.

J’ai vu ce que je n’aurais pas dû voir. J’ai vu une contrée hostile aux allures de guerre. Un champ de mines ultrapersonelles. J’ai entendu et j’entends encore le tic tac incessant qui vient des profondeurs de ton inconscient. Une bombe à retardement dissimulé aux confins de ce coffre aux merveilles. Est-ce possible de désamorcer l’inévitable, est-ce possible de se jouer des frontières préétablies par le cerveau humain? Quand tout autour nous prévient de la catastrophe, ne vaut-il pas mieux déserter? Et si seulement je me trompais…

Mood musical: The Dresden Dolls – Coin-Operated Boy
Pilosité faciale: 10 jours
Taux d’amabilité: incertain
Taux de dérision: amorcé

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Mon Père

juin 15, 2008

Mon père, c’est le plus fort de ce côté-ci de la galaxie!

 

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Bogotito!

juin 15, 2008

Jour -189

Bogoto. Ne me laisse pas comme ça ici dans un pays que je ne connais pas. Tu m’avais promis ta grand-mère le dimanche après-midi et le buffet garni d’enchiladas, de pozole et de molle poblano. Il y aurait eu la fête, les enfants qui courent dans tous les sens pour saisir le coq qui s’imaginerait la fin des haricots, comme dans un film de Guillermo Arriaga. Je m’imaginais déjà danser jusqu’au matin, propulsée par tes bras, guidée sur des danses que je ne connais pas.

Bogoto, Bogotito! J’avais vu dans les ridules sur le bord de tes yeux, tes pattes-d’oie, de la poussière de désert chaude et aride, ton haleine piquante dans mon cou, des papillons d’épines. Bogotito, parle-moi de ta voix desvergonzado, redis-moi les mots que tu me lançais salacement pour que je m’inonde, pour que je mouille ton desierto. Je me souviens d’avoir crié ton nom dans la nuit Bogoto, Bogoto, Bogotito, je me rappelle la tequila qui coulait sur mon corps et de ta langue râpeuse qui me déshabillait de cet alcool chaud qui émoustillait tes sens et les miens. Je me sentais chienne et femme, dominatrice et soumise en alternance au ritmo de tes gestes déstabilisants.

Je ne veux que ça, toi dans la nuit, homme de ma vie. Suis-je trop blanche, trop pâle pour tes désirs basanés? Ce n’était qu’une nuit? Tu as été manipulé par l’alcool qui te fait dire de belles choses, sans réfléchir? Bogotito, reviens-moi! Il fait froid la nuit dans ce désert, je ne peux plus bouger, mon cerveau continue de rouler comme ta vieille chatarra. Reviens-moi, tout de suite. Les chiens de l’enfer lèchent déjà mes plaies brûlantes de tequila. Et j’inonde le sable rocailleux de ma honte et de mes espérances bafouées. Tu m’avais promis ta grand-mère le dimanche après-midi… justement, samedi s’enfuit avec toi vers je ne sais où.

Mood musical: Fleet Foxes – Tiger Mountain Peasant Song
Pilosité faciale: 8 jours
Taux d’amabilité: aride
Taux de dérision: salace

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Superficialité

juin 13, 2008

Jour -191

Elle portait des cheveux rouges, d’un rouge fugace qui ne se campe pas dans les regards, mais qui fuit, qui fuit le long de la rétine pour sombrer dans le bassin des souvenirs, derrière les nerfs optiques. On se réveille de cette vision dans un nuage estompé par le doute d’avoir véritablement entrevu ce type de rouge greffé au corps d’un cheveu. Comme si cette vision était plus près de la fabulation que de la réalité. Pourtant non! On se pince, on se palpe le front pour valider l’hypothétique fièvre, la couleur est toujours là, défiant les normes naturelles des choses, mariant la beauté naturelle à l’artifice chimique de la coloration.

Et si l’on s’adonnait à pousser l’audace vers le bas, dans le regard bleu profond maquillé de noir ou dans les méandres de la robe ajustés aux courbes du corps surdimensionnés par une chirurgie céleste. On se rendrait bien compte que le culte de la beauté féminine surpasse celui de l’homme, à ses côtés. Lui, qui se contente d’éparpiller sa testostérone à coup de blagues bien grasses et de rires exagérés. On peut tout de même y voir un teint bronzé et des muscles travaillés mécaniquement, mais peu de finesse. Seulement de l’excès autant dans le parfum que dans la posture.

Pourtant, ils s’aimeront et s’animeront au rythme effréné de leur futilité qui grandira proportionnellement aux fluctuations des prix du baril de pétrole. Jusqu’à ce que les ressources naturelles du corps soient épuisées. On les branchera alors sur des dispositifs mécanisés qui simuleront les battements de leur cœur pour qu’ils s’aiment jusqu’au paroxysme de leur superficialité.

Mood musical: Karkwa – Coup d’état
Pilosité faciale: 6 jours
Taux d’amabilité: superficiel
Taux de dérision: futile

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Déchaîné

juin 12, 2008

Jour -192

hiver

De tes tourments attendrissants, jusque dans ta colère insaisissable. De ton volume au maximum, il en aura fallu de peu que tu t’empiffres de mon balcon. Tu auras été repu, juste attends, te satisfaisant de gruger un peu de mon espace. En laissant ce bras de géant meurtri et ballant sur le rebord de ma cloison qui me sépare du vide. Tu l’auras soumis aux pires sévices, sans te cacher, dans ton invisibilité sournoise. Impuissant, je t’aurai regardé le torturer sous mes yeux.

Mood musical: Death Cab for Cutie – 05 – I Will Follow You Into The Dark
Pilosité faciale: 5 jours
Taux d’amabilité: déchaîné
Taux de dérision: impuissant