Archive for 1 avril 2008

h1

Douze

avril 1, 2008

Jour -265  

— Je vais prendre deux portions de spaghetti blanc, mugit-elle de loin, du bout du magasin, bien qu’il faut s’entendre, l’endroit était minuscule. Je ne sais plus trop si elle était jolie, mais de toute manière les gens qui mugissent, je ne les regarde même pas. Je me contente d’esquisser leur personnage dans ma tête.

Je vais manger du spaghetti moi aussi, j’ai un mal de gorge terrible et un chat qui miaule à chaque syllabe que j’écris contenant un « a ». C’est à croire qu’il sait lire ou que mon clavier fait un bruit particulier à l’approche de cette lettre. Donc, je vais faire ça court, pas trop de poésie. Une suite descriptive sans images, sans éclairage, très peu d’ombrage. Seulement un comptoir de service.

Une fille derrière le comptoir.

Elle pesa les pâtes fraîches, accola une étiquette bien identifiée avec un prix, le poids et même le numéro de téléphone du kiosque.

Elle dessina un petit bonhomme sourire à la main sur le sac de plastique avant de le tendre à la dame qui s’impatientait pour absolument rien. Elle avait peut-être déjà mis son eau à bouillir, son cours de Yoga commençait probablement dans 20 minutes ou bien elle ne voulait absolument pas manquer le début d’Histoire de filles.

Elle quitta sans même remercier.

Moi j’avais tout mon temps et même le temps de remarquer sur le comptoir ce papier qui en théorie devait être voilé à la vue des clients. Il était posé sur le comptoir et décrivait la légende des petits dessins gribouillés à la main.

La petite étoile = « Je ne te ferais pas mal! »
Le soleil = « J’ai déjà hâte que tu partes. »
Le petit bonhomme sourire = « Espèce de vieille folle, j’espère que tu vas t’étouffer avec ton spag »

Malheureusement, je n’ai pas pu voir plus loin dans la signification des petits dessins. Quand elle me tendit mon sac de pâtes fraîches, on s’échangea un sourire. Je ne regardai pas le petit dessin qu’elle m’avait destiné. La porte était particulièrement lourde pour sortir. Dehors, il faisait douze degrés Celsius, je portais mon manteau de printemps pour la toute première fois et ça me suffisait.

Mood musical: Wilco – Poor Places
Pilosité faciale: 2 jours
Taux d’amabilité: printanier
Taux de dérision: positif