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Drôle de piste

mai 21, 2008

Jour -214

Juste assez de mots.
Tu me racontais que tu partais en voyage. Je l’ai su tout de suite que c’était pour ça. Il y avait entre les mots des espaces aériens tellement que j’ai pu le deviner seulement en lisant ton courriel. Ton premier avant même que tu me parles de la France, celui où tu parlais du spectacle de Radiohead et du billet que tu devais vendre. Je te l’aurais bien acheté, mais j’ai déjà le mien. Je ne peux pas manquer ce spectacle-là. C’est presque honteux, mais je n’ai jamais encore pu les voir en spectacle même si c’est un groupe que j’écoute depuis tellement d’années, je n’ose pas trop compter de peur de réanimer le temps. Ces temps-ci, on me dit au moins une fois par semaine que je ressemble à Thom Yorke, je vais finir par croire que c’est vrai. J’ai souvenir que même toi tu l’aies déjà mentionné, je ne suis pas certain. On dit aussi, moins souvent, au chanteur de Coldplay, mais ça je n’y crois pas vraiment. Ce qui est drôle dans tout ça, c’est que je ne pense pas avoir de sang anglais. Je me trompe peut-être, je ne suis pas un maitre dans l’art d’étudier les chromosomes et les forêts généalogiques. Je gagnerais surement en maturité de m’y intéresser.

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Je reviens de la clinique, je voulais effacer certains trucs de mon cerveau. Ce n’est pas vraiment pour toi, tu sais bien. J’ai envie de remettre mon cerveau à vide, recommencer à neuf. Ils ne font pas cette opération. Pourtant avec la technologie de nos jours et les films qui nous l’inspirent. En parlant de ça, il existe des logiciels pour récupérer ce qui est effacé sur la mémoire des ordinateurs. J’ai pensé pendant quelques secondes réanimer des photos du passé, mais j’ai vite changé d’idée. C’est là que je me suis dit que je pourrais faire un backup de mon cerveau. Je ne sais pas quelle capacité en gigaoctets ça pourrait prendre tout ça. J’aurais pu tout classer en thème, il existe surement des logiciels pour ça.

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Ouais, tu me racontais que tu partais en voyage. C’est drôle, en lisant mon texte on pourrait croire que c’est pour toi que j’aurais envie de nettoyer une partie de mon cerveau. On le sait bien, toi et moi, que c’est loin d’être ça. Je vais t’avouer que je pense beaucoup moins à elle, c’est une bonne chose. C’est ce qui me ramène à l’idée qu’un texte peut vouloir dire tellement de choses. Autant d’interprétations que de lecteurs. Je voulais te dire, je suis heureux ces temps-ci. On pourrait croire le contraire en lisant mes textes. Je m’accroche peut-être à l’éphémère, mais pour l’instant c’est tout ce que j’ai.

Mood musical: Beck – Everybody’s Gotta Learn Sometimes (Eternal Sunshine of the spotless mind)
Pilosité faciale: 11 jours
Taux d’amabilité: éclaté
Taux de dérision: nuancé

2 commentaires

  1. Je dirais plutôt qu’il y a autant d’interprétations que de lectures… Et j’allais te suggérer de voir Eternal sunshine of the spotless mind, mais évidemment, ce n’était pas pour rien que ça me le rappelait!


  2. Oui, tu as probablement raison pour les interprétations! Pour « Eternal sunshine of the spotless mind », c’est un film que je ne me lasse pas de revoir et j’adore aussi la version que Beck a fait du succès de Korgis- « Everybody’s gotta Learn Sometimes »… ça vaut le coût de l’écouter.



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