
Décomposition sur fond vert
mai 15, 2008Jour -221
J’ai de cette envie de ne pas m’éparpiller, de ne pas créer aujourd’hui. J’avais pensé faire un copier-coller d’un ancien billet du mois de janvier, histoire de siroter ma bière blanche aux fleurs d’hibiscus tranquille sur la terrasse, mais je connais certains puristes qui auraient tôt fait de découvrir cette supercherie, de me rappeler à l’ordre, de dénoncer haut et fort dans un langage tout à fait mérité : « Oh toi, sang de mon sang, comment oses-tu tenter de me berner avec si peu? »
Je vais donc faire face à la musique, procréer gentiment et chastement de façon bisexuée passant de l’un à l’autre. De toi à moi, sans vraiment me soucier des négociations houleuses vis-à-vis du rôle de lui ou d’elle. Il est ici question de progéniture et de procrastination. De palpitations solitaires duales engendrées par l’infertilité de mes propos. Et si j’osais falsifier ton visage sur une serviette du McDo, une bien crasse, salie du jus d’un Big Mac que je n’aurais pas même dégusté. Un de ceux que j’aurais engloutis en vitesse seulement pour pouvoir dire un jour dans un billet complètement disjoncté que je me suis essuyé avec ton destin et le mien. Tout ça de façon très symbolique. De façon à ce que je sois pratiquement le seul à me comprendre. Pour me permettre de terminer le billet en disant : « pfff, je me comprends ».
Mood musical: Badly Drawn Boy - Once Around The Block
Pilosité faciale:5 jours
Taux d’amabilité: pfff
Taux de dérision: je me comprends
