
Dimanche soir
mai 4, 2008Jour -232
Ce n’est pas très clair.
Un ciel nuageux, un dimanche soir tapissé de mots.
Les tiens, les leurs et ceux de son bouquin. Si ce n’était pas de cette chanson, je crois que mes mots auraient pu être joyeux. Un petit peu plus, j’aurais pu écrire une chanson d’amour ou un hommage à son sourire. On n’a pas le droit à l’erreur quand on parle d’amour, on ne peut pas le faire à moitié. Si on le fait, ça sonne faux et de plus, l’amour, il faut cesser d’en parler. On en parle trop. J’en parle trop. Il faudrait que je cesse de le brandir comme un cheval de bataille. Ça finit par devenir pathétique. On a vite fait le tour. On préfère aller lire ailleurs, dans un café, dans un parc ou dans un univers parallèle. Partout où il y a encore de la place pour les folies.
Et les folies.
On les aime à la belle étoile. Sur l’accotement d’une route. Arrêter l’automobile sur le bord d’une piste cyclable. Perdus, au sud de nulle part, pour improviser une danse. Je ne sais pas si c’était une valse ou quelque chose de semblable. Je ne sais pas vraiment danser. Je me souviens que mes pas suivaient les tiens. Que la nuit nous appartenait. C’était visiblement surréaliste, surtout de s’imaginer valser sur du Radiohead. De n’être là, à ce moment précis, pour aucune raison particulière. Un moment totalement dénué d’amour, seulement à cet endroit pour étirer la nuit. Pour repousser le jour de quelques heures. On aura du moins réussi à calquer un film américain. Je ne me souviens plus lequel. À la différence que nous l’avons fait en une prise. Que le jour aurait bien pu arriver que nous aurions fait comme si de rien n’était.
Mood musical: The Octopus Project - Queen
Pilosité faciale: 11 jours (je suis à me demander si je ne devrais pas la garder)
Taux d’amabilité: morose
Taux de dérision: filandreux
