
La faute originelle des hérissons
avril 20, 2008Jour -246
Si tu savais à quel point je ne sais rien!
Pourquoi ce désir absolu de tout savoir tout en sachant qu’il serait possible de me permettre aisément de ne connaître que le minimum pour survivre? Cette passion latente pour les mots. Cet égocentrisme, à outrance, qui m’exaspère, qui m’empêche de me sortir de moi-même pour incarner le personnage que je ne suis pas. Je voudrais marcher sur les toits, je voudrais porter les bottes de sept lieues urbaines qui me permettraient d’une enjambée de posséder autant La Petite-Patrie que le Plateau Mont-Royal.
N’y a-t-il pas un meilleur endroit qu’un toit pour observer sans être noyé dans cette marée de gens qui affluent sur les trottoirs usés? C’est d’une liberté, mais d’une lâcheté à la fois. Je crois être arrivé à la fin d’un cycle qui s’étire. Il faudra nécessairement que je retourne dans la mêlée. Il le faut pour être heureux, cette sécurité des toits, qui n’en est pas vraiment une, pourrait finir par m’achever.
Pourquoi y a-t-il toujours cette crainte, ce complexe du hérisson? Croire ne pas être à la hauteur de traverser la route. Nonchalamment, dans une grande naïveté au rythme du hérisson. Peut-être la peur de finir sous les roues de ce chariot invisible qui ne s’annonce pas et qui passe imperceptiblement aux lumières rouges. Et si je m’en moquais, la tête pleine d’espoir! Que je cessais d’inventer de faux dangers. Et si j’enlevais une par une les épines qui parsèment mon dos. Me laissant vulnérable, mais en vie, assurément en vie.
Mood musical: M83 – You, Appearing
Pilosité faciale: 5 jours
Taux d’amabilité: hérissé
Taux de dérision: symptomatique

Ce sera une victoire, en ce 7e soir. Ne crains pas.
Et toute une!;)
Je peux venir te rejoindre sur ton toit? Il me semble que j’aimerais bien regarder au lieu d’être en ce moment…