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Harrowdown Hill

mars 20, 2008

Jour -277 

Je courrais dans une forêt où les arbres étaient translucides, je passais de part en part sans les heurter. Où était-ce moi? Qui l’était? Je me sauvais à en perdre haleine, j’étais essoufflé d’une façon particulière comme si je ne l’étais pas tout à fait. Juste pour dire, j’avais la force de continuer indéfiniment, mais avec un malaise dans le fond de l’estomac. Était-ce la nuit? Était-ce la densité de cette forêt qui la rendait sombre? J’aurais aimé le savoir… j’aurais aimé saisir tous les paramètres qui faisaient en sorte que j’étais là à courir. Il n’y avait rien du moment qui m’appartenait, tout glissait entre mes doigts.

J’ai voulu à un moment cesser de courir, mais il y avait ces oiseaux qui me disaient de ne pas arrêter, ces oiseaux invisibles à voix d’hommes. Où était-ce moi? Qui essayait de me convaincre moi-même d’un danger. Le sol accidenté qui m’empêchait d’avoir une course harmonieuse, il n’y avait aucune séquence possible, le sol ne s’apprenait pas au rythme de mes pas. La course était chaotique, mais il y avait aussi la pluie qui n’était pas froide, mais qui m’empêchait de me réchauffer. Je grelottais de façon invariable ce qui faisait en sorte que je me mordais la langue quelques fois à force de trop serrer les dents, quand je commençais à être à l’aise avec la course. Et ce Kangourou qui était un figurant inutile, qui me rappelait à quel point je tournais en rond. Si ce n’était pas, en fait, qu’ils étaient cent de kangourous. Tous plus ou moins semblables. Tous très immobiles. Moi qui étais mobile. Moi qui étais instable.

Et la musique, c’était Harrowdown Hill de Thom Yorke en trame sonore. Où n’était-ce que le vent qui voulait me le faire croire? Je n’étais pas fou, je n’étais pas dans un délire paranoïaque. J’avais seulement un pied dans la marge. Là, où nous ne devions jamais écrire bien délimités par une ligne rouge. C’était probablement pour nous protéger de ses trois trous, de ces trois précipices. Il était trop tard, je glissais, il était trop tard, mais je n’avais pas peur.

Mood musical: Thom Yorke – Harrowdown Hill
Pilosité faciale: 4 jours
Taux d’amabilité: chaotique
Taux de dérision: dans la marge

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