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Jardins intérieurs. Suite et fin.

mars 14, 2008

Jour -283 

Ne te méprends pas, Voix, tu ne seras jamais maitre de moi.
Pour te berner, je te laisse jouer les bourreaux.
N’ose pas t’endormir, n’ose pas.
Sans aucun scrupule, je te laisserais choir dans une ruelle sans nom.
Une de celle dans la Petite Patrie, afin de dénaturer ton existence.

Gisant sans voix piétinée par les gamins exaltés.
Reposant sans moi faible, chétive, translucide.
Sans mon corps pour te charrier, te trimbaler parmi les étranges, parmi les voix habitant les autres que moi.

Aussi tabou qu’un coït interrompu, mendiant les foules qui passeraient sans te voir, sans t’entendre. Voix qui n’est que vide sans moi.
Voilée d’une conscience impropre, tu n’es qu’un début de pensée, un rebut d’éternité.
Je t’imagine déjà, faisant la douce, montrant tes cuisses, dévoilant tes seins. Aguicheuse de mon inconscient, sans toi, je le vois bien, je ne peux pas écrire aussi facilement.
Pour mon égo, je le laisserais tout de même là, quelque temps, ton semblant de corps, nu enchevêtré dans les sillons de l’asphalte dégradé.
Exténuée, me suppliant de te reprendre.

 Mood musical: Radiohead - Last Flowers
Pilosité faciale: 5 jours
Taux d’amabilité: incertain
Taux de dérision: intérieurement

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