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Pack le Dévoreur

mars 6, 2008

Jour -291 

On aurait dit que c’était un géant.
Je trouvais ça bien dans un sens, parce que ça faisait un méchant bout de temps que je l’attendais, que je voulais le voir de visu. Il n’était pas con, rien d’une lumière, mais son charisme parvenait à faire oublier tout ce qui pouvait le diminuer. C’est par bateau qu’il a décidé de se pointer le bout du nez. Parait que l’avion lui donne des courbatures, c’est en lien avec les courants-jets. Je n’ai pas osé le contrarier, mais ce n’est pas sur l’eau qu’il va s’en sauver des courants, je ne lui ai donc pas parlé du Gulf Stream même si en dedans ça me tentait de faire le finfinaud. Il y a des choses qu’on ne se permet pas de dire quand on a affaire à un grand homme. Il avait l’air bien portant et fier, si j’avais eu à lui parler j’aurais dû le faire en anglais. Moi, l’anglais je le baragouine, ça sort comme ça sort par petits coups convulsifs de la même manière que… ha non! Je garde ça pour moi. J’ai appris à me taire sur certains trucs. C’est la sagesse à ce qu’on dit.

Pour en revenir à Pack, parce que c’est comme ça qu’ils l’appellent les gens de la télévision, Pack le Dévoreur. Il est un homme de peu de mots. Une entrevue de cinq minutes à la presse, sans périodes de questions, sauf que pour les défâcher un peu les journalistes, on leurs a permis de prendre une photo avec l’homme. Quant à moi, qu’il se contente de faire ce qu’il fait de bien, pour le reste je m’en balance. C’est ça ma philosophie, ne demande pas à un joueur de hockey de te raconter comment il va patiner. Regarde-le tout simplement patiner. Pack lui n’a rien d’un joueur de hockey. Pack avant que l’action commence, il est bien assis sur son tabouret. Quand la cloche sonne, que le signal est lancé, il ne se badre pas de moutarde ou de ketchup. Il les enfile cul sec les hot dogs, un par derrière l’autre. Sûrement que quelque part, je l’idéalise, mais dans ses yeux quand la victoire est acquise ça me donne une petite frénésie. Être champion du monde de quelque chose ce n’est pas rien. C’est dans ces moments-là que je me dis qu’il y a un petit peu de bon dans le coeur de l’homme, un petit peu de bon.

Mood musical: Knife – Like a Pen
Pilosité faciale: 1 jours
Taux d’amabilité: champion du monde
Taux de dérision: pas loin de l’absolu

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